6 juin 1944, mon débarquement (le devoir de mémoire)

Le jour le plus long, aussi bien vu du côté Allemand que de celui des alliés. Ce n'est pas Band of Brothers ni même le Soldat Ryan!
 
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 L'interminable attente à La Rochelle

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MessageSujet: L'interminable attente à La Rochelle   Ven 7 Sep - 17:38

a Rochelle a une culture obsidionale. Qui ne se souvient, dans la vieille cité protestante, du siège de 1627-1628, organisé par Richelieu alors que les Anglais défendaient les Rochelais huguenots? En 1944-1945, les Français assiègent une ville occupée par les Allemands, soucieux de garder jusqu'au bout leur base de sous-marins de La Pallice, attaquée à la bombe depuis 1943. Ils ont créé un réduit blindé autour de La Rochelle. La ville occupée et son environnement doivent subir les contraintes d'un long siège, très éprouvant pour la population, jusqu'au 8 mai 1945.

Les habitants de La Rochelle sont sans illusions pendant la bataille de Normandie, en juin 1944. Ils devinent que la percée alliée ne s'embarrassera pas, c'est l'évidence, de la conquête difficile des fortins du mur de l'Atlantique bétonné par l'ingénieur Todt. Américains et Britanniques fonceront vers le nord et le nord-est. On pouvait espérer à Royan, située exactement au nord de l'estuaire de la Gironde, que les Allemands, ayant évacué Bordeaux, quitteraient aussi leur ville. Mais la pointe de Grave et Le Verdon sont en face de Royan, au sud de l'estuaire. Par là, les Américains ont débarqué en 1917. Il faut tenir, ordonne Hitler, et Le Verdon et Royan.

Ainsi ceux qui restent sur place des 18 000 habitants de Royan, chef-lieu de canton de la Charente-Maritime, paradis de soleil et de vignes, voient-ils sans illusions, dès le mois de juin 1944, se renforcer la garnison allemande et les équipes de travailleurs organisant les défenses d'une «poche» capable de soutenir le plus long des sièges de l'histoire de la Libération. L'OKW (le haut commandement allemand) a décrété que Royan était un secteur stratégique. Les Royannais doivent patienter indéfiniment, alors que Bordeaux, Paris et même Strasbourg sont libérées. Royan et La Rochelle sont les laissés-pour-compte de la Libération.

Les Allemands ne sont pas fâchés d'être retenus dans ces poches. Par qui seraient-ils eux-mêmes libérés de la guerre? Ils redoutent plus que tout les FFI, qui ont avec eux quelques comptes sanglants à régler, et préfèrent bien souvent, fanatiques mis à part, attendre l'écrasement du Reich à l'abri dans leurs casemates.

Quelque 18 000 soldats en Feldgrau sont aux ordres du commandant de La Rochelle, l'amiral Schirlitz. Bien armés, ils disposent de réserves énormes de munitions, d'un ensemble de fortifications hâtivement construites vers l'intérieur mais efficaces, d'une aviation résiduelle mais active et de quelques navires rescapés. L'amiral a parfaitement les moyens de réussir une sortie par mois pour se procurer dans les campagnes environnantes des vivres par réquisition et saisir les troupeaux bovins. Les FFI sont trop maigrement armés pour s'y opposer.

A Royan, centre de la poche du sud de la Seudre, le colonel allemand Pohlman dirige une garnison de 4 000 soldats de la Wehrmacht, parmi lesquels des artilleurs et des marins capables d'établir des liaisons maritimes avec la poche du nord, celle de La Rochelle, aux ordres de Schirlitz, responsable de la Kriegsmarine pour tout le golfe de Gascogne, et qui est en contact avec l'OKW. Les deux poches girondines (Royan et Le Verdon) sont placées sous le commandement de l'amiral Michahelles, chargé du seul secteur maritime de la Gironde.

Contre ces soldats rompus aux combats, les volontaires français sans expérience d'une vraie guerre sont pourtant nombreux à accourir des maquis du Poitou et de la Charente, mais aussi du Berry et même de Meurthe-et-Moselle. Les partisans républicains espagnols sont de tous les coups durs, aux ordres du général de Larminat, nommé par de Gaulle à la tête de cette «armée de l'intérieur» mal chaussée et mal vêtue, qui groupe jusqu'à 200 000 combattants armés à la diable, souvent peu instruits et ne disposant que de quantités chiches de munitions.

Dans cette période intermédiaire de juin à décembre 1944, désespérante pour les assiégés qui manquent de tout, les FFI bloqués le long des lignes allemandes reçoivent des nouvelles encourageantes pour les Royannais et les Rochelais. Le commandant du 2e bureau, Meyer, parti de Bordeaux à bicyclette, a reçu du chef de la marine bordelaise la consigne de tout faire pour éviter que Rochefort ne fût détruite au départ des Allemands. Ayant pris contact avec l'Oberleutnant Schriter, il a obtenu de ce dernier une entrevue avec l'amiral Schirlitz et négocié l'abandon de Rochefort. Dès le 11 septembre 1944, les troupes allemandes font un départ modeste du port militaire français, non sans avoir incendié l'arsenal, pour s'installer près de La Rochelle.

Amitiés

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